"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
- Accusé que plaidez-vous ?
- Non coupable Mr le Président... J’suis quand même pas le seul légume qui se mange cru… On a beau être végétal, on a quand même sa fierté…
- Bien, à vos risques et périls...
Planétaire, sur-informatisé, expédiant les affaires en "temps réel" (c'est-à-dire sans prendre le temps de...réfléchir), le Tribunal des médias fictionne... pardon fonctionne 24h sur 24 et sans jours fériés. Avec des journalistes qui s'informent sur Twitter
Et le public dans tout ça ? Pas le temps de s'informer quand on s'estime surinformé… Confondant sens critique et méfiance congénitale, le cher citoyen-consommateur-électeur pense qu'il n'y a pas de fumée sans incendiaires. Et qu'un complot bien organisé peut se passer de comploteurs.
Les catastrophes. Toujours imaginables. Toujours imprévisibles.
Par ses multiples dimensions et par son énorme retentissement, l'affaire DSK ouvre une nouvelle catégorie dans la typologie des catastrophes. La catastrophe humaine.
Le séisme individuel à écho planétaire.
Nous vivons dans une société de l’image. Mais cette expression banale est interprétée le plus souvent à contresens. L’image serait, par nature, mystifiante, et la « société de l’image » une entreprise globale de manipulation des honnêtes gens.
La force d’évidence de l’image s’avère souvent trompeuse, mais sa force révélatrice peut parfois se montrer ravageuse…
L’image est trompeuse lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie qui s’emploie à la maîtriser le plus complètement possible afin de produire une séduction soigneusement recherchée dans un but précis. C’est ce qui se passe avec certaines stratégies de communication d’entreprises qui veulent « sur-maîtriser » la chaîne de la promesse. C’est ce modèle que la communication politique a adopté sous l’influence des agences de publicité.
La « pré-campagne muette » de Dominique Strauss-Khan est un exemple de cette volonté de tout maîtriser dans une communication de l’attente gérée par les experts d’Euro-RSCG. Mais les « gourous de la com » ne sont pas immunisés contre les accidents provoqués par leur propre arrogance. C’est ce que vient de nous montrer, avec beaucoup d’humour involontaire, l’épisode de la photo de DSK sortant de la Porsche Panamera de l’un de ses conseillers en communication.
Et que nous dit cette image de DSK et de son épouse près de cette Porsche ? Une vérité simple : que le probable futur candidat des socialistes à l’élection présidentielle ne fait pas socialement partie du « peuple de gauche » traditionnellement évoqué dans les discours de campagne du PS… Cette image exprime autant une vérité que celle du président actuel lorsqu’il fêta sa victoire au Fouquet’s, sur les Champs-Elysées. Image qui annonçait le « président Bling-Bling » des mois qui suivirent. L’épisode de « DSK et de la Porsche » vient ainsi opportunément nous rappeler une loi sémiologique que chaque électeur devrait garder en mémoire pour la campagne de l’élection présidentielle et le scrutin qui la conclura.
Les images ne mentent pas plus que les mots. Elles peuvent parfois même exprimer avec force une vérité. Que justement on ne voulait pas trop exposer…
Une catastrophe est un mouvement brutal ayant en général la mort et la destruction à grande échelle pour conséquences. Si l’on veut s’en tenir à l’essentiel, on peut dire que pour tout système vivant (au sens le plus large du mot « vivant » : qui consomme et qui créé de l’énergie), une catastrophe se caractérise par la brutalité de son irruption et par le caractère destructeur de son impact.
On retrouve très bien ces caractéristiques dans les catastrophes d’origine naturelle, technologique ou humaine dont l’actualité ne se montre pas avare.
Le concept de catastrophe est associé à une dimension à grande échelle. Or il existe des catastrophes à plus petite échelle, certaines mêmes individuelles, intimes. La mort d’un être cher, une rupture sentimentale ou familiale, une perte d’emploi, l’annonce d’une grave maladie, sont souvent perçues et vécues comme des catastrophes. Et elles en ont bien les caractéristiques essentielles : brutalité de l’irruption, impact destructeur.
Le concept de catastrophe implique donc aussi une notion de point de vue, de regard porté sur l’événement. Par exemple, pour un dictateur, l’irruption brutale de la démocratie et son impact destructeur pour le régime aux abois est perçue et vécue comme une… catastrophe… Comme dans le théâtre grec antique où, à la fin de la tragédie, le héros reçoit sa punition cathartique. Une catastrophe dont on peut se réjouir.
"Tout communique !..." s'émerveille la maîtresse de la maison ultramoderne dans Mon Oncle de Jacques
Tati. En multipliant et en accélérant la création de relation,
de liens, l'émission de promesses, la communication multiplie aussi les risques de ruptures. Les risques de crises. Si souvent le mensonge est au coeur de la crise (Cf Madoff),
la communication est aujourd'hui le grand accélérateur des crises car... "Tout communique !..."
http://www.tativille.com/
Comme dans les scènes de ménage, les crises peuvent parfois se déclencher ou être accélérées par quelques mots malheureux, un ton un rien méprisant,
une attitude, des gestes, des expressions du visage... Dans ces "quick starters" crisogènes, le signifiant compte souvent autant que le signifié, le ressenti autant que l'exprimé.
Les dirigeants devraient-ils suivre des cours de sémiologie comportementale ? Certainement. Nous ferions sans doute ainsi l'économie de nombreuses crises...
Qu'est-ce qu'un crash d'avion ? Une crise brutale et le plus souvent fatale. Qu'est-ce qu'un héros ? Quelqu'un qui, dans des circonstances exceptionnelles, par son comportement sauve des hommes, une idée, une nation... Avec Chesley Sullenberger, 57 ans, ancien de l'US Air Force, l'Amérique compte un nouveau héros : "Sully". Anticipation, sang-froid, maîtrise et humanité : toutes les qualités que l'on aimerait trouver chez nos dirigeants politiques. Particulièrement en période de "crash"... économique.