"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
Les crises produits qui affectent des acteurs économiques de taille mondiale semblent de plus en plus relever de l’anthropologie religieuse. La crise qui ébranle en ce moment Toyota, le numéro un mondial de l’automobile, empêtré dans ses rappels de millions de véhicules défectueux, est exemplaire de ce point de vue. Le cycle est parfaitement établi : arrogance, faute, punition, pénitence, rédemption.
L’Arrogance : Se croire au-dessus des contingences et des contraintes du commun en affirmant un peu trop hautement sa supériorité : « Nos automobiles sont les plus sûres », « Nous sommes les plus forts »…
La Faute : Ne pas se montrer à la hauteur de son arrogance en se laissant aller à de graves et coupables défaillances sur une valeur systématiquement affichée aujourd’hui dans le monde : la sécurité (en l’occurrence de ses clients, automobilistes).
La Punition : D'abord sous la forme immatérielle d’une réputation qui se dégrade brutalement avant de prendre une tournure plus concrète : cours en bourse, ventes…
La Pénitence : Des excuses tardivement exprimées dans les médias, les frais de rapatriement des produits défaillants, de réparation, les audits correcteurs, les changements dans les process de production et de contrôle qualité.
La Rédemption se paye au prix fort d’une nouvelle et planétaire campagne de publicité
pour clamer, un peu trop vite, un peu trop fort : « Nous avons changé ».
Et le cycle est prêt à recommencer tant la tentation de la sur-promesse est grande et permanente. Pour l'industriel, le Diable est dans les détails.
http://www.toyota.fr/about/news_and_events/campagne-rappel-0102.aspx
POURQUOI
LES
CATASTROPHES
LES PLUS CRUELLES
FRAPPENT-ELLES
SOUVENT
LES PAYS
LES PLUS PAUVRES ?
Une crise financière et économique mondiale, une alerte à la pandémie grippale, une vieille planète Terre qui fait entendre d’inquiétants grincements… plus les habituels petits désagréments personnels… Comme moi, vous n’avez pas vraiment aimé 2009… Bon, on va essayer de faire mieux en 2010.
Vous n’avez pas aimé ces deux mots qui nous ont collé à la bouche et à la cervelle pendant la défunte année.
Envahissant le couple « Précaution/Emotion »… Vous les laissez entrer pour discuter un instant, histoire de montrer votre ouverture d’esprit, et les voilà qui s’installent et ne veulent plus nous lâcher les neurones… Intrusifs les bestioles ! Le principe de précaution, maintenant inscrit dans notre Constitution républicaine, a fait des premiers pas planétaires peu convaincants en… oubliant de s’appliquer au système financier mondial et en sur-réagissant à la menace grippale H1N1… Résultat, dans les deux cas : la montée collatérale du « principe d’émotion ». Principe de précaution et principe d’émotion empruntant l’autoroute à contresens comme deux chauffards une nuit de réveillon, il n’y avait que la neige qui pouvait les arrêter.
Et la raison dans tout ce chaos ? Elle était restée au lit. Grippée.
On ne nous y reprendra pas en 2010 ! Nous allons essayer d’élargir le cercle des invités… Meilleurs vœux !
Ce message, les 2 000 passagers des TGV Eurostar bloqués pendant une nuit dans le tunnel ne l’ont pas entendu. Parce qu’il n’a pas été diffusé.
Les raisons techniques de ces pannes de TGV stoppés dans le tunnel maintenant données, reste un problème dont toutes les entreprises de transport ont connaissance sans pour autant y avoir apporté, à l’heure actuelle, une réponse appropriée. Il s’agit de l’information et de la communication avec les voyageurs et les passagers dans les situations accidentelles ou de graves dysfonctionnements. A chaque épisode, le même constat est fait : les compagnies de transport n’apportent pas suffisamment de soin à l’information de leurs clients directement affectés par des situations exceptionnelles. Pas suffisamment de soin non plus à la communication avec eux. Communiquer pour vendre ? On sait très bien faire… Communiquer quand le service vendu n’est pas au rendez-vous de l’attente ? On ne sait pas encore. Même lorsque cette communication est d’autant plus nécessaire que les voyageurs se retrouvent dans une situation particulièrement angoissante et claustrophobique. Et potentiellement dangereuse pour leur sécurité… Une nuit dans le tunnel sous la Manche n’a rien d’une partie de plaisir. Sauf peut-être pour les amateurs de plongée sous-marine ou de films catastrophes...
Les entreprises de services vont-elles un jour comprendre qu’elles sont aussi des… entreprises de communication ? Et qu’elles ne vendent pas seulement du transport, dans le cas présent, mais aussi de la relation et de la considération… On peut toujours rêver un peu. A Noël.
Je vous comprends. Pour moi aussi, c’est une épreuve… les fêtes de fin d’année ! Alors voici le rappel de quelques conseils préventifs et pratiques qui devraient nous permettre de passer victorieusement le cap des réveillons. Et de retarder la fin du monde. En protégeant la planète, bien sûr.
Mangez des fruits. Frais ! Lavez-les et mastiquez bien, sans faire trop de bruit pour vos voisins.
Consommez de l’alcool, régulièrement mais avec modération.
Pratiquez une activité physique et sportive sur écran plat à plasma. De préférence biodégradable.
Respirez autant que nécessaire mais sans excès. Mouchez-vous dans votre manche. Ne crachez pas par terre mais en l’air afin d’éviter de propager la contamination de la grippe B.
Utilisez votre téléphone mobile avec circonspection en le tenant le plus éloigné possible de la tête. Veillez à ce qu’aucune antenne relai ne se trouve à proximité lorsque vous êtes en communication.
Evitez tout stress, toute responsabilité même… sociale.
Remplacez le traditionnel sapin de Noël par une éolienne familiale en bois naturel certifiée « développement durable ».
N’achetez surtout pas le dernier (ce n’est malheureusement pas… le dernier !) roman de Dan Brown sur le complot franc-maçon international qui explique tout.
Enfin, n’oublions pas de nous faire tous vacciner contre la bêtise. La pandémie est toujours là.
Bonnes fêtes ! Rendez-vous en 2010 pour de nouvelles aventures dans un monde dur pour les puissants, doux pour les faibles…
"Tout communique !..." s'émerveille la maîtresse de la maison ultramoderne dans Mon Oncle de Jacques
Tati. En multipliant et en accélérant la création de relation,
de liens, l'émission de promesses, la communication multiplie aussi les risques de ruptures. Les risques de crises. Si souvent le mensonge est au coeur de la crise (Cf Madoff),
la communication est aujourd'hui le grand accélérateur des crises car... "Tout communique !..."
http://www.tativille.com/
Comme dans les scènes de ménage, les crises peuvent parfois se déclencher ou être accélérées par quelques mots malheureux, un ton un rien méprisant,
une attitude, des gestes, des expressions du visage... Dans ces "quick starters" crisogènes, le signifiant compte souvent autant que le signifié, le ressenti autant que l'exprimé.
Les dirigeants devraient-ils suivre des cours de sémiologie comportementale ? Certainement. Nous ferions sans doute ainsi l'économie de nombreuses crises...
Qu'est-ce qu'un crash d'avion ? Une crise brutale et le plus souvent fatale. Qu'est-ce qu'un héros ? Quelqu'un qui, dans des circonstances exceptionnelles, par son comportement sauve des hommes, une idée, une nation... Avec Chesley Sullenberger, 57 ans, ancien de l'US Air Force, l'Amérique compte un nouveau héros : "Sully". Anticipation, sang-froid, maîtrise et humanité : toutes les qualités que l'on aimerait trouver chez nos dirigeants politiques. Particulièrement en période de "crash"... économique.