"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
Si nous nous plaçons du strict point de vue « crisologique » (Cette discipline universitaire n’existe pas ? Eh bien, nous allons immédiatement en créer la première chaire et nous l’attribuer !), qu’est-ce qu’un gouvernant au fond ?
Un spécialiste, un afficionado même, des crises… Le gouvernant est un être qui passe ses journées confronté à des crises de toute nature et de toute provenance.
Le gouvernant est « crisophile » par définition.
Le gouvernant s’emploie quotidiennement à traiter les crises. Il s’évertue aussi à les prévoir et parfois même à les prévenir.
En Sarkoland, où l’on ne supporte pas, semble-t-il, de rester tranquille une seconde, le gouvernant s’emploie même à provoquer des crises.
L’hypergouvernant ne connaît jamais le repos tant le don qu’il a fait de sa personne à la nation est total.
nurses ?
Affaire de marketing éditorial. Le packaging (les présentatrices) correspond au design (la planète en traitement infographique des génériques façon « qui a perdu la boule »…),
lui-même en harmonie avec le produit et son usage. Regardons un peu ce qu’il y a dans la boîte. Le produit : une invasion de sujets dits de « société », du tragique, des larmes,
des cris, des images chocs, des peurs, des drames…
Le tout servi dans un chaos organisé d'images hachées, stroboscopiques, frénétiques.
Inondation visuelle, émotion compulsive et compassion obligatoire asphyxient l’information par surexposition rétinienne. Pourquoi cette évolution des journaux télévisés ? Parce que l’émotion engendre plus facilement l’audience que la compréhension*.
L’image fonctionne à l’émotion, c’est son carburant. En privilégiant la compassion plutôt que la compréhension, c‘est aussi notre compréhension du monde qui s’affaiblit.
Moins on comprend, plus on a besoin d’être consolé. Plus on a besoin de nurses.
*« Aristote avait dit autrefois que pour intéresser les gens il n’y avait que deux passions à agiter : la terreur et la pitié. Tous les journaux, télévisions et radios ne manipulent que ces deux passions. Et on fait du spectacle avec la terreur et la pitié. », observe le philosophe Michel Serres (Le Figaro, 25 septembre 2009.
Un fois rappelé qu’un suicide est un mécanisme intime et singulier tant au niveau de ses motivations que de ses accélérateurs et de ses déclencheurs, il faut bien reconnaître que la vague de suicides que connaît France Télécom est un signal d’alarme pour cette grande entreprise.
Depuis 1998, France Télécom est en pleine (trans)mutation. Restructurations, suppressions de postes, changements de métiers, passage d’une culture de service public au monde de la concurrence acharnée, France Télécom souffre aujourd’hui d’une crise de dissociation.
Dissociation entre l’image, le discours et les valeurs portés par sa marque commerciale phare orangeTM (humanité, convivialité, plaisir de communiquer) et la réalité quotidienne d’une évolution à marche forcée. Dissociation entre l’image externe souhaitée et la réalité interne vécue.
Il ne s’agit pas seulement d’un problème de stress au travail comme
semblent le penser la direction du groupe et le gouvernement. France Télécom souffre de son mode de management et d'une
sous-estimation de la dimension humaine de la réussite industrielle. Dans l’entreprise elle-même, Lombard envoyé en interne... Pas un mot
pour les victimes et leurs familles....on parle de « management par la terreur », le DRH du groupe étant souvent assimilé à « Dark
Vador »…
« Oranges » stressées… « Oranges »
pressées…
Un mail de Didier Lombard envoyé aux salariés de France Telecom. Pas un mot pour les victimes et leurs familles... Symptomatique de ce mode de management et de cette gestion des
ressources humaines...
> > -----Message d'origine-----
> > De : didierlombard.info@orange-ftgroup.com [mailto:didierlombard.info@orange-ftgroup.com]
> > Envoyé : jeudi 17 septembre 2009 19:30
> > À : Tous les salariés du Groupe
> > Objet : Message de Didier Lombard
> > Madame, Mademoiselle, Monsieur,
> > Nous traversons une épreuve, collectivement et individuellement.
> > Comme vous, je suis bouleversé par les drames qui nous touchent et je comprends le désarroi qu'ils suscitent en interne, mais aussi dans votre entourage.
> > Comme vous, je suis triste de l'image malmenée de notre groupe, qui ne fait pas justice à nos réussites, à nos immenses efforts, à l'esprit qui nous anime dans ce que nous avons
entrepris ensemble.
> > Comme vous, je veux continuer d'être fier de ce que nous avons accompli et de ce que nous accomplirons encore.
> > Je vous fais trois promesses. Nous allons tirer les leçons de cette épreuve ensemble. Nous allons nous mobiliser pour préserver la valeur de notre travail. Nous allons continuer de
construire l'édifice qui fait de nous un acteur majeur sur le marché mondial des télécommunications.
> > Nous réussirons. Ensemble.
> > Didier Lombard
Lorsqu’on est un organisme dont personne (ou presque) n’a jamais entendu parler, deux stratégies de communication s’offrent à vous…
Rester discret. Ou attirer l’attention sur vous.
Attirer l’attention ne suffit pas toujours à emporter la conviction.
Le LEEM, organisme de lobbying de l’industrie pharmaceutique, a voulu se lancer dans la communication virale sur Internet afin de « sensibiliser le grand public au fait que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres ». Et pour répondre à la campagne de dénigrement permanente dont serait victime l’industrie pharmaceutique, précise cet organisme dans une note de présentation de la dite campagne. Objectif : le buzz sur Internet, faire du bruit pour être audible.
Le moyen ? 3 petits films d’une affligeante bêtise à prendre au 36ème degré autour d’un personnage de charlatan : « Bernard Meddoc » (vous avez compris l’allusion ou il vous faut prendre quelques amphétamines…) réalisés par une agence de publicité qui se réclame de l’hémisphère (cérébral) droit mais a oublié aussi de se servir du gauche….
Avec ces 3 films pré-darwiniens, l’industrie pharmaceutique permet en tout cas que soit posée cette intéressante question : La bêtise est-elle plus contagieuse que la grippe A H1N1 ?
Le lapsus
n'est pas un mot d'esprit.
Il en diffère par son origine et par ses effets. Le mot d’esprit est
une création du conscient, le lapsus une production de l’inconscient. Le mot d’esprit suscite de la sympathie et de l’admiration. Le lapsus fait rire au détriment du locuteur et ébranle la
considération que l’on a pour lui.
Rassurons-nous : « linguae » (commis en parlant), « calami » (commis en écrivant), « memoriae » (trou ou modification de mémoire) ou « clavis » (sur le clavier d’un ordinateur ou d’un smartphone), le lapsus n’est pas un virus ou une maladie. Chacun d’entre nous fait des lapsus et conserve encore des amis. Pas besoin de se faire vacciner.
Ce n’est pas aussi simple pour un dirigeant, en l’occurrence un chef d’Etat.
Calamiteux, le lapsus peut se
révéler « crisogène ». Crise de rire ou crise de confiance, il engendre un doute sur le locuteur et sur son message.
Attention à la
récidive… coupable !
Dans son livre « Psychopathologie de la vie quotidienne », Freud s’intéresse notamment aux oublis de noms, aux actes manqués et aux lapsus. Pour lui, le lapsus linguae n’est pas le fruit d’une simple contamination sonore mais trouve son origine dans « une source en dehors du discours » : « Cet élément perturbateur est constitué soit par une idée unique, restée inconsciente, mais qui se manifeste par le lapsus et ne peut, le plus souvent, être amenée à la conscience qu'à la suite d'une analyse approfondie, soit par un mobile psychique plus général qui s'oppose à tout l'ensemble du discours. »
"Tout communique !..." s'émerveille la maîtresse de la maison ultramoderne dans Mon Oncle de Jacques
Tati. En multipliant et en accélérant la création de relation,
de liens, l'émission de promesses, la communication multiplie aussi les risques de ruptures. Les risques de crises. Si souvent le mensonge est au coeur de la crise (Cf Madoff),
la communication est aujourd'hui le grand accélérateur des crises car... "Tout communique !..."
http://www.tativille.com/
Comme dans les scènes de ménage, les crises peuvent parfois se déclencher ou être accélérées par quelques mots malheureux, un ton un rien méprisant,
une attitude, des gestes, des expressions du visage... Dans ces "quick starters" crisogènes, le signifiant compte souvent autant que le signifié, le ressenti autant que l'exprimé.
Les dirigeants devraient-ils suivre des cours de sémiologie comportementale ? Certainement. Nous ferions sans doute ainsi l'économie de nombreuses crises...
Qu'est-ce qu'un crash d'avion ? Une crise brutale et le plus souvent fatale. Qu'est-ce qu'un héros ? Quelqu'un qui, dans des circonstances exceptionnelles, par son comportement sauve des hommes, une idée, une nation... Avec Chesley Sullenberger, 57 ans, ancien de l'US Air Force, l'Amérique compte un nouveau héros : "Sully". Anticipation, sang-froid, maîtrise et humanité : toutes les qualités que l'on aimerait trouver chez nos dirigeants politiques. Particulièrement en période de "crash"... économique.