CHRONIQUE DU CHAOS ORDINAIRE

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 14:52

 

Une crise est toujours un révélateur. Dans les arrière-cuisines du quotidien apparaissent alors des mécanismes que l’on redécouvre avec d’autant plus de stupeur que l’on connaissait leur existence.

C’est ainsi que le débat actuel, l’inflammation médiatico-politique devrait-on dire, autour de la question des rémunérations des dirigeants des grands groupes et de l’usage des parachutes dorés semble, à la fois, légitime et… réducteur.

Comme le sont tout particulièrement les leçons de morale administrée en ce moment par la « classe politique » aux dirigeants des entreprises. Les politiques ne saisiraient-ils pas là une aubaine pour se refaire une santé sur le dos des dirigeants du monde économique en faisant de mine de découvrir que le capitalisme est synonyme de désir d'argent et de culte de l’argent… jusqu'à la cupidité. 

Bien sûr, ceci ne devrait pas exempter les heureux bénéficiaires des parachutes dorés d’une saine méditation autour de cette observation pleine d’humour de Keynes, dans son essai sur la monnaie : « L’homme d’affaires n’est tolérable qu’aussi longtemps que ses gains peuvent être considérés comme ayant un certain rapport avec ce qui correspond grossièrement à l’utilité de ses activités pour la société. » Mais se concentrer sur l’accessoire même si celui-ci dans ses excès apparaît insupportable aux yeux de beaucoup, cela peut aussi faire perdre du temps sur l’essentiel.

Parachutes dorés, morale plombée ? Il est plus facile, dans une crise, de chercher des boucs émissaires que de trouver des solutions pour faire redémarrer l’économie avec les réformes nécessaires.  

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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 09:34

Dans le monde des grandes entreprises Total constitue un être à part. Total vit dans une permanente et chronique situation de crise tout en affirmant une incontestable réussite financière et industrielle.

Une crise très particulière : une « crise de désamour ».

Total n’est pas aimé dans son pays. L’opinion publique*, les médias et la classe politique n’aiment pas le groupe pétrolier. Cette situation s’explique à la fois par des raisons objectives et des raisons subjectives.

Les raisons objectives sont connues : le naufrage de l’Erika et la marée noire de décembre 1999, l’explosion à l’usine AZF de Toulouse, en 2001, le procès de l’Erika en 2007, le procès AZF en cours en ce moment, plus récemment l’annonce de 555 suppressions d’emplois quelques semaines après la présentation aux médias des 13,9 milliards de profits réalisés en 2008… Il faut bien reconnaître que le groupe pétrolier a inscrit sa trace dans l’actualité avec des événements négatifs lourds par leur impact humain et environnemental mais aussi… par leur impact psychologique.

Les raisons subjectives de la « crise de désamour » qui affecte l’image de Total relèvent de la perception, de la représentation et de la communication. Malgré le meilleur accueil fait par les journalistes à Christophe de Margerie, le nouveau directeur général, plus cordial, plus direct et animé du souci d’expliquer et de convaincre que son prédécesseur, la « crise de désamour » persiste. Nous voyons encore la compagnie pétrolière avec les yeux d’un lecteur du « Tintin au pays de l’or noir »…

Le « paradoxe de Total » pourrait se résumer ainsi : profits visibles, métiers… invisibles. Sur le bruit de fond négatif des affaires Erika et AZF, on ne voit que les performances financières de Total. Pas ses métiers dans leur diversité, pas ses performances technologiques, pas son travail, pas sa recherche et développement, pas sa mutation en cours d’un groupe pétrolier classique vers un groupe énergéticien de taille internationale. Pas son apport à notre société aujourd'hui confrontée à une grave crise économique mondiale. Les campagnes publicitaires du groupe et son slogan « Votre énergie est notre énergie » ne suffiront pas à Total pour créer une relation plus équilibrée avec l’opinion. Et personne ne peut considérer qu’il est sain qu’une des plus grandes entreprises françaises soit à ce point mésestimée dans son propre pays.

Total vient, en tout cas, contredire une idée généralement admise : On peut vivre sans amour. Durablement ?


*
Six Français sur dix ont une mauvaise image de Total, d'après le baromètre Posternak-Margerit de février 2009, plaçant le pétrolier au dernier rang de trente grandes entreprises françaises.

 

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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 18:07

Il existe une variété de crises « reptiliennes » que l’on pourrait qualifier de sournoises et de rampantes. Reptiliennes parce que silencieuses la plupart du temps. Rampantes parce que peu visibles. Sournoises par l’éclairage qu’elles apportent sur nos humaines contradictions.
C’est le cas exemplaire des deux questions jumelles qui reviennent périodiquement sur les devants de l’actualité : les antennes-relais et le téléphone mobile, un danger pour la santé ? Avec les décisions des tribunaux de Versailles et Carpentras suivies de la déclaration de l’Académie de médecine et de l’annonce d’une table ronde organisée le 26 mars sur le sujet par le gouvernement, c’est la question de l’éventuelle nocivité des antennes-relais qui resurgit. A d’autres moments, ce sont les portables qui sont mis sur la sellette.
Symbole spectaculaire de notre société de communication, le téléphone mobile serait-il une menace pour la santé publique ? En l’état actuel des connaissances et des enquêtes épidémiologiques, nous ne devrions pas nous inquiéter à condition de… « consommer [communiquer !] avec modération »… Les antennes-relais ne représentent pas de danger pour la santé publique en dehors de quelques cas particuliers de personnes dites « électro-sensibles ». L’usage du portable lui-même ne présente pas de danger à la simple condition de ne pas le garder scotché à l’oreille des heures durant.
Alors, où est le problème ? Dans un curieux chaînage « crisogène ». Principe d’utilité (personne ne doute de l’utilité du téléphone mobile) et principe de plaisir (communiquer avec les autres est un plaisir) sont au cœur du formidable développement du téléphone mobile. « Principe de précaution » et « principe… de suspicion » sont à l’œuvre dans cette étrange crise rampante nourrie par la réussite de ce qui est un véritable phénomène de société.
Si le téléphone mobile présente un vrai danger pour la santé, ce n’est peut-être pas pour la santé publique et physique… Mais pour notre santé… privée et mentale ! En arriver à ne plus pouvoir se séparer une minute de ce compagnon envahissant traduit un étrange asservissement et la montée en puissance d’une nouvelle forme d’addiction plus prégnante et contraignante que celles du tabac et de l’alcool.
Un peu de silence, un zeste de solitude, nous seraient-ils à ce point devenus insupportables ? Pour le plus grand profit des compagnies de télécom.

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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /Mars /2009 09:44
Qu'elles affectent une entreprise, un autre type d'organisation sociale ou politique, ou même des individus, les graves crises projettent aux avant-scènes de l'actualité le besoin de revisiter des "objets" plus ou moins lourds : produits, services, fonctions sociales ou politiques, modes de vie, conception de société... 
La dynamique générale des crises nous montre qu’au cœur de toute crise il faut concevoir et préparer la sortie de crise. Dans le cas de la crise économique actuelle, des voix nous invitent à « refonder » ou, plus modestement, à « moraliser » le capitalisme. Voix de gauche, plus moins fluettes ; voix de droite plus ou moins crédibles. Voix d’experts aussi toujours prompts à prodiguer leurs conseils dans les catastrophes qu’ils n’ont pas su anticiper.

« Refonder » le capitalisme est une expression qui peut signifier plusieurs chantiers tous de grande ampleur.

S’agit-il de changer ou de réformer le mode de production et d’échange lui-même et la théorie et la pratique de la valeur qui lui sont liées ?  Passer, par exemple, d’un mode de propriété privée du capital à… A quoi au fait ? L’ennui, c’est qu’on ne voit pas de projets alternatifs à ce niveau fondamental. S’agit-il (on hésite à écrire « plus modestement ») de reconnecter le monde des échanges financiers à celui de l’économie réelle pour éviter les krachs et les… crashs ? Rude tâche à l'heure des réseaux mondiaux d'information.

S’agit-il de changer ou de faire évoluer significativement notre mode de vie, fondé sur un mode de consommation qui a fait du désir d’achat le principal vecteur de sociabilité ?

S’agit-il de réformer le mode de gouvernance des entreprises et le mode de gouvernement de la société dans un sens plus distributif pour l’un et plus participatif pour l’autre ?

L’ampleur de ces questions laisse d’autant plus perplexe qu’il faut penser et agir vite.
Enfin, pourrait-on se dire, reste au moins l’idée de moraliser le capitalisme… C’est peut-être le projet le plus difficile à concevoir et à mener à bien car il se heurte à quelque chose de diffus et de puissant à la fois : une « barrière biologique ».

Moraliser le capitalisme, c’est demander au guépard de devenir végétarien…  

 

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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 11:20

 

Que peut la communication dans la crise que nous traversons actuellement ?
La communication des entreprises, la communication publique, la communication politique, c’est assez simple au fond : Des messages. Des images. Des médias. Et des objectifs : Vendre. Séduire. Convaincre.

La crise, c’est assez simple, aussi du point de vue, en tout cas, de ses effets : Chaos. Destruction. Incertitudes.

Entreprises, collectivités publiques, citoyens, comment la communication peut-elle nous aider à surmonter la crise ? En se consacrant à ce qui assemble et rassemble les différentes communautés humaines dans le monde à cinq dimensions où nous vivons. En s’employant à répondre à une forte demande : Du sens. Des valeurs. Du partage.

La communication nous aidera à sortir de la crise actuelle en revitalisant la « cinquième dimension ». La dimension humaine. 
 *Dans ce beau et étrange petit film « Life in the future year 4000 », que manque-t-il ? Qui est absent ?...
Communiquer-en-p-riode-de-crise.--La-Provence.pdf Communiquer-en-p-riode-de-crise.--La-Provence.pdf 
 http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/02/20/que-peut-la-communication-dans-la-crise-cap-sur-la-cinquieme-dimension_1157870_3232.html

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