CHRONIQUE DU CHAOS ORDINAIRE

Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 11:09

 

 Qui ne s’est pas arrêté un jour, perplexe, devant les couvertures des hebdos dit d’information en les voyant, dans la même semaine, nous offrir le choix entre la vie privée de Rachida Dati, la « dynastie des Sarkozy » (papa et le fils à papa), la « bataille des femmes au PS » (Aubry/Royal) ou encore devant les reportages ou les pseudo « enquêtes » des JT de 20 heures ? Qui ne s’est pas demandé quel type de « produit » on lui proposait ? Qu’est-ce que l’information aujourd’hui ? Beaucoup de journalistes seraient en peine de le dire clairement.

Côté « Cour »… Les tribulations sarkoziennes, les cotes d’amour/de désamour des ministres, les bourdes ségoliennes, la légende Obama, c’est la permanente saga des « people » qui nous gouvernent que l’on nous impose chaque jour. L’actualité est mise au régime jusque là réservé aux rubriques « people ». Politique, économie, tout devient « récit », « feuilleton », « show »… C’est le règne du « story-telling ». Il faut de l’émotion, des coulisses, des rebondissements, du suspense, des petites phrases aussitôt dites aussitôt oubliées. Culte du people et son complément indispensable… lynchage médiatique. A ce rythme, Le Monde ressemblera un jour à Closer

Côté « Jardin »… Pour le bon peuple (nous !), lorsque les médias parlent de lui, la version banale et démocratique de la pipolisation se nomme dramatisation : des larmes, des drames, des angoisses, des cris, une forte demande de catharsis publique dans les prétoires…

En optant pour le primat du spectacle sur la recherche de l’intelligibilité, la presse est devenue le musée Grévin – vivant, pourrait-on dire - de l’information. Sa crise est plus profonde qu’elle ne le pense. C’est une crise d’identité.

*Soyons charitables, ne parlons pas de la presse régionale et de son théâtre désuet de carton pâte : inaugurations de nos vaillants édiles, élections des bureaux des associations, repas de « nos » ainés, galettes des rois, arbres de Noël, actualité des vides greniers…

 http://abonnes.lemonde.fr/archives/article/2009/02/06/marcel-gauchet-ou-sont-les-lecteurs-aux-abris-en-general_1151777_0.html

 

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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /Fév /2009 10:28

 

Cela ressemble à une onde radioélectrique passablement agitée. Ça monte : optimisme, excitation, frisson, euphorie… Ça descend : anxiété, déni, crainte, désespoir, panique, capitulation, découragement, dépression…

Et lorsque l’on croit que c’est fini (« Adieu, monde cruel… »), cela repart à la hausse : espoir, soulagement, optimisme… Le point de « risque maximal » : Euphorie. Le point des « opportunités financières maximales » : quelque part entre Découragement et Dépression...

Le « cycle émotionnel des marchés financiers » nous rappelle que le monde de la finance est d’abord un univers psychique. Très loin de ce qu’il est convenu d’appeler le monde de « l’économie réelle » : des usines, des machines, des matières premières, des transformations matérielles, des produits, des équipements, des objets, des services…

Le monde de la finance apparaît pour ce qu’il est fondamentalement : un monde de l’émotionnel fondé sur la dynamique de la convoitise. Derrière les complexités des modèles mathématiques et les performances des réseaux informatiques planétaires, comme dans la science- fiction et la littérature de « fantasy », le monde de la finance masque ses pulsions primitives sous les habits de la sophistication technologique. Et nous offre comme valeurs celles d'un casino électronique mondial, frissons et décharges d'adrénaline garantis.    

Le « cycle émotionnel des marchés financiers » ressemble beaucoup au fameux manège des « montagnes russes ». Le principe de base est le même : prendre du plaisir à… se faire peur. Histoire de vérifier qu’on est toujours bien vivant.
http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/02/02/crise-financiere-mondiale-le-cycle-emotionnel-de-l-homo-boursicotus_1149537_3232.html
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /Jan /2009 10:52

La tempête qui s'est abattue sur le sud-ouest de la France vient nous rappeler durement la différence existant entre le "probable" et le "prévisible". Les catastrophes naturelles sont tout à fait probables quant à leur survenance mais jamais tout à fait prévisibles quant à leurs effets et à leur ampleur.
C'est pour cela que, malgré les efforts réels accomplis ces dernières années du point de vue de leur gestion, elles ravivent le débat récurrent sur le
"ne pouvait-on pas faire mieux ?..."

La dynamique des crises que sont les catastrophes naturelles est d'une grande complexité.
Prévoir n'est pas prévenir.
Prévenir n'est pas réagir.
Réagir n'est pas traiter.
Traiter n'est pas... Prévoir.

Les catastrophes naturelles sont complexes aussi du point de vue perceptif et affectif par la cohabitation qu'elles soulignent entre solitude et solidarité.
Les catastrophes naturelles viennent enfin secouer nos habitudes culturelles : elles nous obligent à conjuguer fragilité avec solidité. Autrement dit, elles nous rappellent brutalement notre humanité.


Natural catastrophes and man-made disasters in 2007: high losses in Europe
http://www.swissre.com/pws/research%20publications/sigma%20ins.%20research/sigma%20archive/sigma%20archive%20%28english%29.html
http://abonnes.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/01/28/tempete-klaus-dans-le-sud-ouest-gestion-des-catastrophes-naturelles-le-probable-et-le-previsible_1147494_3232.html

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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 17:31

Brutale. Globale. Mondiale. La crise financière et économique est un gigantesque accélérateur de particules.
Modèle économique. Société. Comportements. Modes de vie. Vision du monde. Relations entre les nations, entre les grands ensembles géopolitiques (Etats-Unis, Europe, Chine, Russie…). Conception de la politique. Rôle des gouvernements. Valeurs… Rien ne semble pouvoir lui échapper.
Cela ne fait que commencer et déjà les prophètes de l’immédiat nous annoncent l’avènement d’une « économie quaternaire »* par le passage imminent d’une économie de « l’avoir plus » à une économie de « l’être mieux »… Sans préciser que « l’être mieux » est plus accessible quand on dispose déjà de « l’avoir plus » que lorsque l'on fait partie du club très ouvert de « l’avoir moins ». 

* « Comment la crise va changer les comportements », Le Monde, 20 janvier 2009.   

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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 10:06

La multiplication des incidents et des crises ponctuelles à la SNCF amène à s'interroger sur le statut du voyageur selon la vénérable compagnie ferroviaire nationale.
Le quotidien est souvent cruel pour le voyageur mais, par compensation, son statut se révèle d'une grande richesse conceptuelle...

Le voyageur est un "contributeur" apprécié : il acquitte scrupuleusement le prix de ses billets, de ses différentes cartes d'abonnement et alimente ainsi civiquement le budget de la société nationale.
Le voyageur est un "figurant"  bénévole : par la constance de sa présence sur les quais ou dans les trains, il donne l'impression que la machine ferroviaire fonctionne.
Le voyageur est une "boule de billard"  paisible et véloce : il accepte bénévolement de jouer un rôle qui lui a été syndicalement attribué dans les périodiques bras de fer qui égayent les relations sociales de la maison.
Le voyageur est un "cobaye" à toute épreuve :  il accepte de tester les différentes offres imaginées par les as du marketing d'un service public qui rêve de bénéficier de tous les avantages du secteur privé sans en supporter les inconvénients.
Le voyageur est un "explorateur" intrépide : entre les maquis tarifiaires, les gares en perpétuelle rénovation, les TGV fragiles du caténaire, les messages involontairement humoristiques des "chefs de bord" ("Nous sommes arrêtés en pleine voie, veuillez, etc..."), les blocages du site "voyages-sncf.com", il survit à toutes les aventures.
Seul manque encore à l'appel dans cette riche condition de voyageur ferroviaire :
être reconnu et traité comme un client.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/01/14/01016-20090114ARTFIG00251-racontez-vos-galeres-dans-les-transports-.php

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