"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
"IMAGINONS LE PIRE... NOUS NE SERONS PAS DEçUS !"
* « Comment la crise va changer les comportements », Le Monde, 20 janvier 2009.
La multiplication des incidents et des crises ponctuelles à la SNCF amène à s'interroger sur le statut du
voyageur selon la vénérable compagnie ferroviaire nationale.
Le quotidien est souvent cruel pour le voyageur mais, par compensation, son statut se révèle d'une grande richesse conceptuelle...
Le voyageur est un "contributeur" apprécié : il acquitte scrupuleusement le prix de ses billets, de ses différentes cartes d'abonnement et alimente ainsi civiquement le budget de la société
nationale.
Le voyageur est un "figurant" bénévole : par la constance de sa présence sur les quais ou dans les trains, il donne l'impression que la machine ferroviaire fonctionne.
Le voyageur est une "boule de billard" paisible et véloce : il accepte bénévolement de jouer un rôle qui lui a été syndicalement attribué dans les périodiques bras de fer qui
égayent les relations sociales de la maison.
Le voyageur est un "cobaye" à toute épreuve : il accepte de tester les différentes offres imaginées par les as du marketing d'un service public qui rêve de bénéficier de tous
les avantages du secteur privé sans en supporter les inconvénients.
Le voyageur est un "explorateur" intrépide : entre les maquis tarifiaires, les gares en perpétuelle rénovation, les TGV fragiles du caténaire, les messages involontairement
humoristiques des "chefs de bord" ("Nous sommes arrêtés en pleine voie, veuillez, etc..."), les blocages du site "voyages-sncf.com", il survit à toutes les aventures.
Seul manque encore à l'appel dans cette riche condition de voyageur ferroviaire : être reconnu et traité comme un
client.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/01/14/01016-20090114ARTFIG00251-racontez-vos-galeres-dans-les-transports-.php
C'est entendu.
Il faut éviter d'utiliser le mot.
On en parle trop.
On le prononce trop.
On l'entend trop.
On le voit trop.
Il est envahissant. Anxiogène. Pesant. Indigeste.
Autoritaire. Génétiquement.
Et prétentieux avec ça. Avec un côté global et définitif qui voudrait nous clouer le bec.
Tous les moyens seront bons pour faire reculer ce polype multicéphale et sans cervelle.
Bios, bien sûr, de préference. Durables. C'est mieux. Dans une société qui a organisé un tel culte de l'éphémère, de l'instant, de l'immédiat, de la vitesse, le durable est devenu la
valeur sûre, la valeur d'avenir par une sorte de projection tautologique.
Est d'avenir ce qui est... durable !
Bon... Adoptons le mot. Nous avons tous ce désir de "durer". Planète durable. Croissance durable. Développement durable. Plutôt que ... durable...
On ne va pas se laisser impressionner par cette hydre* envahissante. La ... on va commencer par la débiter au pluriel en petits morceaux plus digestes.
Pour une année riche donc en ... passionnantes et positives.
Et, plus que jamais, n'oublions pas que les meilleures... sont encore les crises de rire !
*L'Hydre de Lerne est une créature de la mythologie grecque : tuer l'Hydre de Lerne fut un des 12 travaux d'Héraclès (Hercule chez les Romains). Cette créature est décrite comme un
serpent d'eau à corps de chien possédant plusieurs têtes, dont une immortelle. Ses têtes se régénéraient doublement lorsqu'elles étaient tranchées, et l'haleine soufflée par les multiples gueules
exhalait un poison radical, même durant le sommeil de l'animal (Héraclès et Iolaos combattant l'Hydre de Lerne. Amphore attique à figures noires, 540-530 av. J.-C. Musée du Louvre.
Paris).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydre_de_Lerne
C'est une vieille loi de la nature... humaine : certains événements intervenant dans un contexte dramatique ou lourd
engendrent une chute (provisoire) de tension qui se manifeste souvent par le rire.C'est le cas avec le scandale Bernard Madoff et sa monumentale escroquerie à 50 milliards de dollars.
Impossible de ne pas être saisi par une irrésistible crise de rire...
Cette escroquerie mondiale réunit les attraits dramaturgiques conjugués du drame shakespearien et du théâtre de boulevard...
La fraude dite "pyramidale" pratiquée à grande échelle par le si charmant et sympatique "Bernie" est d'une extrême simplicité dans son principe : rémunérer à des taux nettement supérieurs
au marché les dépôts des investisseurs d'hier avec les dépôts des investisseurs d'aujourd'hui et de demain, tout en prélevant au passage une modeste commission.
Le mystère de la "Grande Pyramide" de Madoff ne réside donc pas dans la forme très connue de cette escroquerie en cascade. Il est dans le déplacement sociologique des victimes ainsi grugées.
Habituellement cette forme d'arnaque s'adresse à des niais, des gens plutôt modestes, peu connaisseurs du monde de la finance, cherchant à faire gonfler rapidement leurs petites économies. Le
génie de Bernard Madoff est d'avoir choisi ses victimes parmi l'élite de la finance mondiale, les très riches particuliers... Jusqu'aux banques et aux fondations à... but non lucratif !
Chapeau l'artiste !
Et merci pour la crise de rire ! Nous en avons bien besoin en ce moment. Bien sûr, le rire est une décompression. Pas une transformation. Ce sont ses limites.
J'espère que vous ne faites pas partie des victimes de Madoff... C'est sûr hein ?...
http://www.lefigaro.fr/placement/2008/12/22/05006-20081222ARTFIG00212-la-liste-des-fonds-pris-au-piege-de-madoff-.php
Si vous voulez allez voir un site d'une grande sobriété d'expression... : http://www.madoff.com/
C'est un être multimedia, hybride, humanoïde d'une nouvelle génération sans doute truffé de nanotechnologies. Il tient à
la fois du personnage de reality show et de science fiction...
Il préside à notre destin quotidien. Incarne l'Europe. Se téléporte aux "quatre coins" (sphériques!) de la planète pour arrondir les angles. Et nous sauver de nos pulsions meurtrières.
Il est la proximité. Tout près de nous même quand nous pensons le voir surgir ailleurs. Il est, en même temps, la globalité. Le monde est son terrain de jeu.
Il est la crise. Son exacerbation. Et peut-être sa solution...
Ce n'est pas le "Président Bling-Bling". C'est le "Président Krach Bang", celui qui nous projette vers le futur les pieds en propulseurs sur le néant.
Batman peut profiter de sa retraite sur les côtes de Californie. Son successeur occupe les écrans (certains diraient même qu'il a tendance à les avaler, les absorber tant sa fringale d'aventures
est immense).
Son nom ? Sarkoman. The Crisis President.
"Tout communique !..." s'émerveille la maîtresse de la maison ultramoderne dans Mon Oncle de Jacques
Tati. En multipliant et en accélérant la création de relation,
de liens, l'émission de promesses, la communication multiplie aussi les risques de ruptures. Les risques de crises. Si souvent le mensonge est au coeur de la crise (Cf Madoff),
la communication est aujourd'hui le grand accélérateur des crises car... "Tout communique !..."
http://www.tativille.com/
Comme dans les scènes de ménage, les crises peuvent parfois se déclencher ou être accélérées par quelques mots malheureux, un ton un rien méprisant,
une attitude, des gestes, des expressions du visage... Dans ces "quick starters" crisogènes, le signifiant compte souvent autant que le signifié, le ressenti autant que l'exprimé.
Les dirigeants devraient-ils suivre des cours de sémiologie comportementale ? Certainement. Nous ferions sans doute ainsi l'économie de nombreuses crises...
Qu'est-ce qu'un crash d'avion ? Une crise brutale et le plus souvent fatale. Qu'est-ce qu'un héros ? Quelqu'un qui, dans des circonstances exceptionnelles, par son comportement sauve des hommes, une idée, une nation... Avec Chesley Sullenberger, 57 ans, ancien de l'US Air Force, l'Amérique compte un nouveau héros : "Sully". Anticipation, sang-froid, maîtrise et humanité : toutes les qualités que l'on aimerait trouver chez nos dirigeants politiques. Particulièrement en période de "crash"... économique.